Les étapes de la vie dans une abbaye    
       
  • Quelles sont les différentes étapes de la vie d’un moine ?
 
       
  • Les phrases suivantes sont-elles vraies ou fausses?
 
a) Il faut passer une année en tant que novice pour pouvoir devenir moine.
b) Les moines et les convers prononcent les mêmes vœux.
c) Les moines changent fréquemment de monastère pour voir du pays
d) L’abbé est choisi par le pape.
e) Les convers promettent obéissance à l’abbé.
f) Lors de sa profession, le moine reçoit une coule.
   
  • Nous avons la chance d’avoir conservé plusieurs récits de conversions de moines et convers de Villers. Peux-tu comparer ces différentes histoires ?


La conversion de Charles, futur abbé de Villers
"Au retour d'un tournoi, comme Charles descendait de Worms à Mayence avec le seigneur Gérard Wascard, ils se trouvèrent soudain au milieu d'un pré que des fleurs de toutes les couleurs, des rivières et des sources rendaient très agréable et ils la traversèrent sans qu'aucun des deux n'engageât conversation avec l'autre. Lors de ce parcours, ils se promirent mutuellement de se révéler l'un à l'autre leurs pensées. Et l'un [de dire] : "J'ai réfléchi et pesé avec soin les charmes merveilleux et variés de ce lieu et en fin de compte, il m'a été montré qu'est vain et de peu d'importance tout ce qui brille dans le siècle." Et l'autre : "J'ai eu la même pensée". Et ils se dirent mutuellement l'un à l'autre : Que cela soit pour nous source de quelque chose d'utile ! Traversons la mer ! Mais nous y retrouverons ce que nous avons laissé ici : noblesse des chevaux, beauté des femmes, panoplies des armes, et nos cœurs seront blessés et la pureté de nos sentiments en sera fortement affecté. Que faire alors? Allons auprès de ceux qui portent les vêtements grossiers d'Himmerod et mettons un terme pour cinq années à la fréquentation des tournois". Ils y allèrent donc avec un seul écuyer, se lièrent par un vœu conditionnel et s'en revinrent à Cologne."
Extrait de Dubuisson, M., Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (12e-18e siècle), A paraitre, p. 10

La conversion de Gobert
"Désormais le pieux soldat du Christ, Gobert, voulant transformer en bien tout œuvre du métier des armes, partit en pèlerinage auprès de l'apôtre saint Jacques. Cependant, il ne négligea pas pour autant son état d'enfant de la bienheureuse Marie ; mais toujours prêt à être son féal, chaque jour à la première heure du jour, il cherchait une église où il verrait et entendrait célébrer la divine liturgie de la sainte Eucharistie pour pouvoir quotidiennement nourrir son âme du corps du Seigneur. […] Ensuite le pieux Gobert prit la résolution au plus intime de lui-même de quitter la vaine vie des armes pour Dieu".
Extrait de Dubuisson, M., Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (12e-18e siècle), A paraitre, p. 11

La conversion d’Arnulphe de Bruxelles
"Redoutant que si par hasard il souffrait une récidive [Il vient de subir des tentations], les choses nouvelles ne soient pires que les précédentes, il résolut d'entrer dans l'ordre cistercien. Et comme s'il avait reçu une réponse de l'Esprit Saint l'avisant qu'il ne verrait pas la mort avant d'être devenu convers de ce même ordre, et qu'il vivrait extraordinairement, emmenant avec lui sans retard deux compagnons de routes […], il abandonna ses parents et connaissances […] et dit adieu au siècle, pour les siècles des siècles. Cette nouvelle recrue du Christ, éloigné, tel Abraham, de sa terre et ses parents, pour aller vivre dans la terre que lui avait montré Dieu, à l'âge de 22 ans, il vint au monastère de Villers où il demanda et obtint de dom Charles, alors abbé, d'être reçu; et ainsi, ayant déposé l'habit séculier et pris celui de l'ordre, il fut associé à la communauté des frères laïcs."
Extrait de Dubuisson, M., Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (12e-18e siècle), A paraitre, p. 13

La conversion de Jean de Witterzée
"En ce temps vint à la conversion, à Villers, Jean de Witerzée, chevalier, dont le père était chevalier et qui, lui-même, voulait le devenir. Mais, frappé de maladie, il promit de rejoindre la milice spirituelle chez les Villersois. Guéri, il fit sa demande et fut accepté par l'abbé Guillaume. Se jugeant indigne de l'habit monastique, il fut, par son propre choix, finalement ramené au statut de convers. "
Extrait de Dubuisson, M., Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (12e-18e siècle), A paraitre, p. 14

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