Les étapes de la vie à l'abbaye        
Les étapes de la vie d'un moine      
         

La conversion

La conversion est la première étape de la vie d’un moine. Normalement, pour entrer au monastère, il faut que le futur moine ressente un appel de Dieu. Mais, au Moyen Age, la plupart des personnes entrent au monastère pour des raisons qui ne sont pas religieuses. Dans les familles nobles ou bourgeoises, il est fréquent que le cadet devienne moine pour ne pas diviser l’héritage. Les convers sont souvent des personnes qui cherchent juste un endroit où dormir et où manger tous les jours à leur faim.

Le noviciat

Lorsqu’un homme désire devenir moine, il doit en faire la demande à l’abbé. Celui-ci va refuser pendant 4-5 jours et même humilier le postulant. Si le candidat persévère à vouloir entrer à l’abbaye, il est accepté pour une année de noviciat. Durant cette année, le maître des novices ou des convers va le mettre à l’épreuve pour essayer de le décourager. S’il tient bon, c’est qu’il veut vraiment servir Dieu.

Le maître des novices lui enseigne la Règle de saint Benoît, les coutumes de l’abbaye et la pratique du chant grégorien. Pour qu’il apprenne, son maître peut le rouer de coups.
A trois reprises on lui demande s’il souhaite continuer. Le novice est libre d’abandonner et de partir s’il le souhaite. Après un an, si le novice accepte d’appliquer strictement la règle qu’il a apprise, il peut effectuer sa profession.

La profession

Lorsque l’année de noviciat est terminée, les novices font profession à l’église. Ils s’engagent à respecter trois voeux : la stabilité, la vie religieuse et l’obéissance.

Par le vœu de stabilité, le moine s’engage à vivre toute sa vie dans le même monastère. La vie religieuse, aussi appelée conversion des mœurs, est l’obligation pour les moines de vivre en accord avec l’idéal monastique. Ce vœu implique ceux de chasteté et de pauvreté. Le moine promet également obéissance à son abbé.

La promesse est faite par écrit. Si le novice ne sait pas écrire, c’est son maître qui la rédige et il se contente de la signer d’une croix. Le document est ensuite placé sur l’autel pour lui donner un caractère sacré. Le nouveau moine fait alors une prière. Ensuite il se prosterne devant chaque moine de la communauté. Il devient alors moine profès.

Le maître des novices lui retire ses vêtements de novice et le revêt de la coule, l’habit caractéristique des moines.

Atteindre certaines fonctions

Les moines sont parfois chargés de certaines tâches par leur abbé. Ils deviennent alors frères officiers. Ils sont prieur, chantre, hôtelier, sacristain,… L’abbé décide de la durée de ces tâches.

Chaque moine de l’abbaye peut aussi devenir abbé s’il est élu par ses pairs. Il arrive fréquemment qu’un abbé d’une abbaye-fille devienne abbé de son abbaye-mère. Parfois, les abbés quittent leur abbaye pour devenir évêque ou pape.

 
Abbayes-filles et abbayes-mères 
Des moines peuvent être envoyés fonder une nouvelle abbaye. Celle-ci est alors appelée abbaye-fille de l’abbaye dont sont partis les moines. L’abbaye d’origine est appelée abbaye-mère.
 
  Les étapes de la vie d'un convers  
         
 

La conversion

Tout comme le moine, le convers entre normalement au monastère suite à un appel de Dieu. Mais ce sont souvent des personnes qui cherchent juste un endroit où dormir et où manger tous les jours à leur faim.

Le noviciat

Les convers ne savent pas lire et ne peuvent pas apprendre. On ne leur enseigne donc pas la Règle comme aux futurs moines. Ils apprennent tout au plus le Notre Père en latin. Un moine, nommé maître des convers, leur explique également le mode de vie dans l’abbaye.

La profession

La profession du convers est l’un des rares moments où il peut se rendre dans la salle du chapitre. La cérémonie de profession des convers est beaucoup plus simple que celle des moines. Elle est la même que celle qui lie un vassal à son suzerain dans le cadre de la féodalité. Le novice commence par demander miséricorde. Ensuite, il place ses mains dans celles de l’abbé et lui promet obéissance. L’abbé bénit alors le convers et lui donne le baiser de paix. Comme le convers ne sait pas lire, il n’y a pas de document écrit comme pour les moines.