| |
| Ora et labora, la prière et le travail |
La Règle de saint Benoît fixe l'ensemble des activités des moines. En dehors des fêtes, les journées des moines se ressemblent toutes. Ils prient, méditent, travaillent, mangent, assistent au chapitre et se reposent. La journée du moine est divisée en trois parts égales entre la prière, le travail et le repos. |
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| L'office divin |
|
|
|
|
|
|
|
"On ne préférera rien à l'œuvre de Dieu" (RB, 43, 3)
Au centre de la vie des moines se trouve la volonté de servir Dieu. L'office divin consiste en une prière commune dans l'église. Il a une place très importante dans la vie des moines. Sept offices règlent leur journée et un office coupe leur sommeil la nuit :
- Les vigiles ont lieu au milieu de la nuit, à 2h30.
- Les laudes, à l'aube.
- Prime (une heure après le lever du soleil), tierce (trois heures après le lever du soleil), sexte (six heures après le lever du soleil) et none (neuf heures après le lever du soleil).
- Les vêpres marquent la tombée de la nuit.
- Les complies, enfin, se tiennent vers 20h-20h30 et terminent la journée.

|
|
|
|
|
|
|
|
Cet horaire n'est pas fixe. Au Moyen Age, la journée est divisée en 12 heures de jour et 12 heures de nuit. La longueur des heures varie en fonction de la durée d'ensoleillement au cours de la journée. Elle dépend donc de la saison. |
|
|
|
Le dimanche et lors des fête solennelles, deux messes supplémentaires sont données : la messe matutinale après prime et la messe conventuelle, après tierce.
Les lectures lors de l'office sont généralement tirées de la Bible. Dès le noviciat, quand le futur moine fait son apprentissage, on l'initie à la pratique du chant grégorien. C'est un chant facile pour que chacun puisse chanter et prier.
Dans l'église, moines et convers sont séparés par le jubé. Les moines, qui se trouvent dans le chœur (en bleu sur le plan), sont hors de vue des convers, situés dans les travées les plus occidentales de l'église (en vert sur le plan).

|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La lecture est une des occupations principales des moines. Pour cette raison, seules les personnes qui savaient lire et écrire pouvaient devenir moines. Les personnes illettrées pouvaient devenir convers et s'occuper des travaux manuels. Au Moyen Age, on ne lit pas un texte de manière rapide et superficielle. La lecture se fait toujours à haute voix. Les moines s'imprègnent lentement de leur lecture. Ils ruminent longuement le texte afin de le connaître en profondeur.

La lecture se fait d'abord en communauté : lors des offices, des repas et aussi pendant la collatio qui précède les complies. La collatio est la lecture d'une œuvre très célèbre au Moyen Age: les Collationes de Jean Cassien. Pendant cette lecture, on distribuait souvent quelque chose à boire ou à manger. C'est de là que vient le terme de collation.

Le moine lit également seul la Bible et les écrits des Pères de l’Eglise. Il médite généralement sa lecture en se promenant dans le cloître. L'abbaye dispose donc d'une bibliothèque, appelée armarium, dans laquelle sont conservés les manuscrits.
|
|
|
|
|
|
|
Le travail manuel |
|
|
|
|
Dans la Règle de saint Benoît, le travail manuel a une grande importance. Il oblige les moines à faire quelque chose de leur journée. Il leur permet aussi de faire preuve d'humilité car seuls les pauvres travaillaient à cette époque. Les cisterciens doivent vivre grâce au travail de leurs mains. Les moines s'occupent principalement de l’agriculture et de l’élevage.
Au cours du temps, la plupart des abbayes médiévales reçoivent des seigneurs environnants de nombreuses terres à exploiter . Mais, selon la règle, les moines doivent dormir tous les soirs dans leur abbaye et ils n'ont que 3-4 heures par jour pour le travail manuel à cause des nombreux offices quotidiens. Ils ne peuvent donc exploiter que les terres qui se trouvent tout près de l'abbaye.
Les autres terrains sont alors exploités par des convers. Les convers sont parfois appelés frères laïcs. Ils ont prononcé des vœux mais qui sont moins stricts que ceux des moines. Ils sont chargés de la plupart des travaux manuels de l'abbaye. Ils logent soit à l’abbaye soit dans des granges dépendantes de l’abbaye. Grâce au travail des convers, les abbayes se sont énormément développées aux 12e et 13e siècle. On peut facilement différencier les moines et les convers grâce à leurs vêtements. |
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
Le vêtement |
|
| |
|
|
| |
Le vêtement des moines
Saint Benoît conseille aux moines de se vêtir de ce qu'ils trouvent dans leur région à bon marché, sans se soucier de l'aspect ou de la couleur. Le vêtement doit juste être à leur taille et non trop court.
Les cisterciens ont adopté l'habit blanc pour se distinguer des autres moines, principalement des bénédictins qui, eux, sont vêtus de noir.

Lorsqu'ils travaillent, les moines portent une tunique de laine naturelle non teinte. Par-dessus, ils mettent un scapulaire, sorte de tablier posé sur les épaules qui descend jusqu'au genoux. La tunique est serrée à la taille par une ceinture de cuir. Aux jambes, ils portent des bas de laine. Ils ont des grosses chaussures en cuir de vaches, des godillots ou des bottes. Au 14e siècle, le pape imposera que la tunique soit blanche et le scapulaire noir.

Lorsqu'il est dans l'abbaye ou en voyage, le moine porte la coule. Il s'agit d'une robe fermée fort ample avec de larges manches. Dans l'abbaye, ils remplacent leurs chaussures de cuir par des chaussons.
Pour pouvoir laver celles qui sont sales, les moines ont chacun deux tuniques et deux coules. C'est l'abbaye qui pourvoit aux besoins du moine en vêtements et souliers puisque le moine ne peut rien posséder lui-même. Lorsque les vêtements sont trop usés, ils sont donnés en aumône aux pauvres.
Le moine porte la tonsure : sa tête est rasée à l'exception d'une étroite couronne. La plupart des moines se rasent également la barbe.
Le vêtements des convers
Les convers portaient également la tunique et le scapulaire. Leur tenue se caractérise par le port d'un capuchon. Ils avaient également des bas, des chaussures et des chaussons mais pas de bottes. Les bottes étaient réservées aux catégories supérieures de la population parce qu'elles coûtaient très chères. Ils n'ont pas d'habits spécifiques pour participer aux offices, équivalent à la coule des moines. Les convers ne portent pas la tonsure comme les moines. Ils ne se rasent pas non plus la barbe. |
|
|
|
|
|
| |
|
Le repas
Les repas des moines sont pris en communauté dans le réfectoire. Ils rappellent deux repas importants : la dernière Cène qui est le dernier repas pris par le Christ et le repas pris par le Christ à Emmaüs après sa résurrection.
Le nombre de repas quotidiens dépend de la période de l'année : en hiver, , on ne prend qu'un seul repas (du 14 septembre à Pâques) et en été, on en prend deux (de Pâques au 14 septembre).
| Comment se déroule le repas? |
|
|
Avant d'entrer dans le réfectoire, les moines doivent se laver les mains au lavabo. Ils entrent ensuite ensemble en chantant et s’asseyent sur des bancs contre le mur sans personne en face d'eux. En général, l’abbé mange à part avec les hôtes de l’abbaye. Le repas est alors présidé par le prieur, le bras droit de l'abbé.
Durant le repas, chacun se soucie que son voisin ait tout ce dont il a besoin. Chaque moine peut partager sa portion avec ses voisins directs. Le silence y est obligatoire comme dans le reste de l'abbaye. Du haut de la chaire, un moine est chargé de lire à ses compagnons un texte en latin tiré de la Bible ou parfois d’autres écrits spirituels. Cette lecture se fait sur un ton monocorde, sans intonation, pour que les moines puissent mieux comprendre le texte. Le lecteur mange après les moines, avec ceux qui ont été désignés le samedi précédent pour faire le service toute la semaine durant les repas.
Après avoir mangé, les moines rendent grâce puis se dirigent ensemble vers l'église pour prier. |
|
|
|
|
| Que mangent les moines? |
|
L'essentiel de l'alimentation des moines est composé de pain et de légumes. Chaque jour, les moines reçoivent chacun un kilo de pain, souvent de mauvaise qualité et rassis et de la soupe épaisse. Les laitages, œufs, poulets et poissons d'eau douce sont également servis mais de manière exceptionnelle. La viande de quadrupède est, quant à elle, strictement interdite. L'assaisonnement se faisait au moyen de sel et d'herbes. En raison de l’impureté de l’eau, les moines boivent du vin ou de la bière lorsque le vin est rare comme à Villers. Parfois des seigneurs offrent de la nourriture aux moines pour améliorer leur quotidien. C'est ce qu'on appelle des pitances |
|
|
|
|
|
| Le chapitre |
|
|
La salle du chapitre est également un lieu essentiel de la vie de la communauté. C’est à cet endroit que sont prises la plupart des décisions. La tenue du chapitre se déroule en deux temps : d’abord la séance capitulaire ensuite le chapitre des coulpes
La salle du chapitre est aussi le lieu où les moines donnent leur avis sur la gestion de la communauté : élection du nouvel abbé, admission de nouveaux membres ou décisions administratives. Les convers n'ont accès à cette salle qu'en deux occasions: lorsqu'ils demandent à devenir novices et lors de leur profession, c'est-à-dire lorsqu'ils deviennent vraiment convers. Ils ne peuvent cependant pas participer aux décisions : ils n’ont pas « voix au chapitre ». Lors des fêtes, ils peuvent également écouter les sermons de l'abbé à travers les fenêtres qui donnent sur le cloître. Les convers ont leur propre chapitre mais ils n'ont pas de salle spécialement prévue à cet effet. |
|
|
|
|
| La séance capitulaire |
|
|
Chaque jour, un chapitre de la Règle de saint Benoît est lu et expliqué par l'abbé. On lit aussi les noms des saints du jour (le martyrologe) et la liste des moines et convers de l'abbaye dont c'est l'anniversaire de la mort (le nécrologe). Les jours de fêtes, on peut aussi lire une homélie. Lors de la séance capitulaire du samedi, on désigne les personnes chargées du travail à la cuisine durant la semaine qui suit. |
|
|
|
|
|
|
| Le chapitre des coulpes |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le chapitre des coulpes est l'occasion pour les moines d'avouer leurs fautes et de recevoir les punitions correspondantes. Normalement, les moines se désignent eux-mêmes mais ils peuvent aussi être accusés par un de leur compagnon qui a surpris leur faute ou en a entendu parler. Les peines encourues par les moines vont de la simple réprimande à l’emprisonnement. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|

Les prisons de Villers
|
|
Les punitions
Il y a dans les abbayes un système tarifaire précis pour les différentes fautes. La punition est d’abord une simple réprimande en privé, puis devant l’ensemble des moines. Si la faute est plus grave, il peut être mis à l’écart de la communauté. Il risque par exemple de devoir manger après les autres. Il peut aussi être obligé de jeûner, recevoir des coups de fouet ou même aller en prison. |
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le repos |
|
A l'origine, seul l'abbé a le droit de disposer d'une chambre pour lui tout seul. Les moines dorment dans un dortoir à l'étage de l'aile Est. En été, lorsque la nuit est courte et coupée par les vigiles, les moines effectuent une sieste l'après-midi, la méridienne.
Les lits sont alignés de chaque coté du dortoir, laissant une allée centrale libre pour la circulation. Les places dans le dortoir sont imposées par l'abbé qui alterne généralement jeunes et vieux moines.
Le moine dort sur une paillasse, sac rembourré de paille. Il a un oreiller, également composé de paille, une natte et un gros drap qui lui sert de couverture. Les moines dorment tout habillés. Ils pendent leurs vêtements de rechange à des perches appuyées contre les parois.
A partir du 13e siècle, des tentures sont installées entre les lits. Fin du 16e – début 17e siècle, des chambres individuelles remplacent le dortoir commun. |
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| L'abbé |
|
|
| |
|
|
|
|
| |
|
"Ce doux pasteur ne perturbait pas, par son obstination, la communauté à lui confiée, et il n'imposait pas comme s'il jouissait d'un pouvoir sans frein et injuste; mais il faisait tout en prenant conseil et dans l'observance de la règle"
Extrait de l'Anthologie de la vie quotidienne à l'abbaye de Villers-en-Brabant (12e-18e siècle) par Michel Dubuisson, à paraître |
|
|
|
|
|
|
Des tâches spirituelles
L'abbé est la personne la plus importante du monastère. Il représente le Christ au sein de la communauté. Il joue dans l'abbaye la fonction d'un père. Lorsqu'ils entrent dans le monastère, les moines et les convers lui promettent obéissance. Il doit veiller à ce que la Règle soit respectée. C'est également lui qui donne l'enseignement aux moines. Il n'a pourtant pas un pouvoir sans limite sur ses moines! Il doit lui aussi se soumettre à la règle. Il ne peut prendre aucune décision importante sans l'accord des moines. L'abbé exerce en principe sa charge jusqu'à sa mort. Mais, il peut être appelé à de plus hautes fonctions : devenir évêque ou même pape. Il risque aussi de redevenir simple moine s'il y a de graves problèmes sous son abbatiat.
Des tâches temporelles
L'abbé s'occupe aussi de politique, de justice, d'administration, d'économie, … Le nombre de terres que possède l'abbaye augmente au cours du temps. Ces tâches vont donc prendre de plus en plus d'importance. A Villers, l'abbé va finalement devenir une véritable puissance politique.
L'abbé délègue une partie des charges de l'abbaye à des moines qu'il choisit et désigne pour la durée qu'il veut. Ces moines sont appelés Frères officiers. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le prieur |
|
|
|
|
|
|
|
Le prieur est le bras droit de l'abbé. Il remplace celui-ci lorsque il est absent. Il veille à ce que les décisions de l'abbé soient correctement appliquées au sein de l'abbaye. Son pouvoir augmente fortement au cours du temps car l'abbé est de plus en plus absent en raison de ses obligations temporelles.
Le prieur est aidé dans sa tâche par le sous-prieur. Lorsque le prieur et l'abbé sont tous les deux absents, le sous-prieur est le chef de l'abbaye. Le sous-prieur a une charge à exercer même en présence de ses deux supérieurs : réveiller les moines qui s'endorment lors des vigiles! |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
Le maître des novices |
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Le maître des novices a la charge d'assurer la relève de la communauté. Les novices sont les futurs moines qui sont en apprentissage à l'abbaye. Le maître des novices vit avec eux dans le noviciat. Il leur enseigne la Règle de saint Benoît et les coutumes de l'abbaye.
Lorsque les novices ont fini leur apprentissage, ils font leur profession. Ce jour-là, au chapitre, leur maître leur lit la Règle. Ensuite, il leur enlève leurs vêtements de laïcs et les couvre de l'habit des moines, la coule. Il tient aussi le parchemin sur lequel est écrit l'engagement du novice et l'encre pour le signer. Après la signature, les nouveaux moines vont demander les prières de tous les autres moines. Ensuite, le maître des novices leur montre les places qui leur ont été attribuées dans le dortoir.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le sacristain |
|
|
|
|
Le sacristain est la personne responsable du temps au sein de l'abbaye. C'est lui qui s'occupe de la clepsydre, un instrument qui sert à mesurer le temps. Lorsque, la nuit, il entend la sonnerie de la clepsydre, il sonne les cloches pour appeler les moines à l'église pour les vigiles. S'il sonne les cloches en retard, il doit veiller à ce que l'office se déroule plus vite. Une fois l'appel fait, il rallume les lampes de l'église, du dortoir et du cloître.
Le sacristain est également responsable de la propreté des linges sacrés utilisés à l'église et de la tenue des autels. Il surveille aussi la confection des hosties par deux moines qui lui servent d'aide. Enfin, il fabrique les cierges et les place où ils sont nécessaires : église, réfectoire, cloître, infirmerie,….
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le chantre |
|
|
| |
|
|
|
| |
Le chantre est la personne responsable du chœur lors de l'office et de la bibliothèque, appelée armarium. Comme le sous-prieur, le chantre est chargé de surveiller que les moines ne s'endorment pas durant les offices. Il est aussi responsable des livres du chœur et des livres nécessaires au chapitre: Règle de saint Benoît, martyrologe, nécrologe,…
Il note également quelles sont les personnes désignées pour les lectures à l'église, au chapitre ou encore au réfectoire. Enfin, il prête des livres aux moines qui lui en demandent. Le chantre joue également un rôle de secrétariat au sein de l'abbaye. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| L'infirmier |
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
"Avant tout et par-dessus tout, on prendra soin des malades, et on les servira comme s'ils étaient le Christ en personne " (RB, 36,1) |
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
L'infirmier |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le terme de "malade" ne désigne pas seulement les personnes atteintes de maladie ou ayant eu un accident. Il désigne aussi les personnes âgées ou usées moralement.
L'infirmier est généralement un rebouteux et peut soigner certaines fractures et plaies. A partir des herbes du jardin pharmaceutique, il prépare aussi des tisanes et des lotions.
Il installe le moine malade dans un lit de l'infirmerie et lui amène ses affaires. Il s'occupe de leur lessive et leur apporte la nourriture venant du réfectoire. Lui-même ne mange pas à l'infirmerie mais au réfectoire avec les autres moines. Enfin, il doit également veiller à ce qu'un moine ne meure pas sans avoir reçu les derniers sacrements. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Les conditions de vie à l’abbaye étaient très dures : on ne mangeait pas de viande, les pièces n’étaient pas chauffées, on dormait sous les toits,…Les moines tombaient donc facilement malades et ne vivaient pas très vieux.
L'infirmerie est un petit monde en soi. Les règles y sont moins strictes. Les malades reçoivent l'autorisation de manger de la viande de quadrupède, ce qui est interdit aux moines valides. Les lits de l'infirmerie sont un petit peu meilleurs que ceux du dortoir. Rien à voir cependant avec nos lits actuels! Durant les heures d'offices, un des malades chante pour ses compagnons. Le samedi, l'infirmier lave les pieds des malades, rappelant ainsi le geste du Christ lavant les pieds de ses apôtres. L'infirmier doit veiller à ce qu'un moine ne meure pas sans avoir reçu les derniers sacrements. |
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
La mort |
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
Lorsqu'un moine approche de la mort, l'infirmier doit veiller à ce qu'il reçoive les derniers sacrements. Il trace sur le sol une croix en cendre. Au dessus, il place de la paille et un gros drap. Ensuite il appelle les moines qui sont à proximité au moyen de la tablette du cloître. Les moines qui sont plus éloignés sont appelés par les cloches de l'église.
Une fois les moines rassemblés, ils se rendent en procession à l'infirmerie. En tête du cortège se trouve la croix. Ensuite viennent l'abbé, un moine portant une lampe et l'eau bénite, le sacristain avec l'huile pour l'onction et les moines de la communauté.
Lorsque la procession est arrivée à l'infirmerie, le moine mourant se confesse à l'abbé. Les moines, comme tout homme, pèchent par leurs cinq sens. Pour cette raison, l'abbé applique de l'huile sur ses yeux, ses oreilles, ses lèvres, ses mains et ses narines. Il purifie ainsi les parties du corps par lesquelles le moine a péché. Après cette onction, si le malade est encore conscient, il récite le Credo et reçoit la communion. En lui donnant l'hostie, le moine dit : "Que le corps de notre seigneur Jésus-Christ garde ton âme pour la vie éternelle". Puis le malade fait le signe de croix.
Lorsque le moine meurt, son corps est emmené dans une pièce voisine : la salle des morts. Là son corps est lavé, puis vêtu de sa coule et ramené à l'infirmerie. Une nouvelle procession amène son corps à l'église où il est exposé pour être veillé. Une messe est dite en son honneur puis son corps est emmené dans le cimetière où il est enterré sur un simple brancard. Les moines ne quittent le cimetière que lorsque sa tombe est comblée. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| L'hôtelier |
|
|
|
| |
|
|
|
|
| "On recevra comme le Christ lui-même tous les hôtes qui surviendront" (RB, 53, 1) |
|
|
|
|
|
|
|
|
L'abbaye a un devoir d'accueil. Elle dispose donc d'une hôtellerie. Le moine hôtelier est chargé de nourrir et loger les hôtes. Il est également chargé de discrètement les surveiller. Les moines accueillent volontiers les voyageurs mais ils n'ont pas pour autant une confiance aveugle en eux. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le portier |
|
|
|
|
|
|
Le portier est chargé de l'accueil, du contrôle et de la bienfaisance à l'égard des personnes qui se présentent à l'entrée de l'abbaye : la porterie. Il transmet les messages et se charge également de l'aumône aux pauvres: il leur donne du pain, des vêtements et des chaussures usagées des moines. La nuit, les portes sont fermées à clé, et des chiens sont lâchés dans l'enceinte, tandis que le portier rejoint ses frères au dortoir. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Le cellerier |
|
|
| |
|
|
|
| |
Le cellérier a la charge de la gestion des biens de l'abbaye. C'est lui qui reçoit les donations faites à l'abbaye et les revenus des différentes granges. Il peut aussi exercer un contrôle direct sur les exploitations dépendantes de l'abbaye. Pour toutes les affaires courantes, c'est lui qui prend les décisions. Pour les affaires plus importantes par contre, il s'en réfère à l'abbé.
Dans les cuisines, il surveille la préparation du repas des frères. Durant le repas, il se promène dans le réfectoire afin de veiller à ce qu'aucun moine ne manque de ce à quoi il a droit. Le cellérier a également autorité sur les convers : il préside leur chapitre. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Les étapes de la vie d'un moine |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La conversion |
|
|
|
|
|
|
|
La conversion est la première étape de la vie d’un moine. Normalement, pour entrer au monastère, il faut que le futur moine ressente un appel de Dieu. Mais, au Moyen Age, la plupart des personnes entrent au monastère pour des raisons qui ne sont pas religieuses. Dans les familles nobles ou bourgeoises, il est fréquent que le cadet devienne moine pour ne pas diviser l’héritage. Les convers sont souvent des personnes qui cherchent juste un endroit où dormir et où manger tous les jours à leur faim. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le noviciat |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Lorsqu’un homme désire devenir moine, il doit en faire la demande à l’abbé. Celui-ci va refuser pendant 4-5 jours et même humilier le postulant. Si le candidat persévère à vouloir entrer à l’abbaye, il est accepté pour une année de noviciat. Durant cette année, le maître des novices ou des convers va le mettre à l’épreuve pour essayer de le décourager. S’il tient bon, c’est qu’il veut vraiment servir Dieu.
Le maître des novices lui enseigne la Règle de saint Benoît, les coutumes de l’abbaye et la pratique du chant grégorien. Pour qu’il apprenne, son maître peut le rouer de coups.
A trois reprises on lui demande s’il souhaite continuer. Le novice est libre d’abandonner et de partir s’il le souhaite. Après un an, si le novice accepte d’appliquer strictement la règle qu’il a apprise, il peut effectuer sa profession. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La profession |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Lorsque l’année de noviciat est terminée, les novices font profession à l’église. Ils s’engagent à respecter trois voeux : la stabilité, la vie religieuse et l’obéissance.
Par le vœu de stabilité, le moine s’engage à vivre toute sa vie dans le même monastère. La vie religieuse, aussi appelée conversion des mœurs, est l’obligation pour les moines de vivre en accord avec l’idéal monastique. Ce vœu implique ceux de chasteté et de pauvreté. Le moine promet également obéissance à son abbé.
La promesse est faite par écrit. Si le novice ne sait pas écrire, c’est son maître qui la rédige et il se contente de la signer d’une croix. Le document est ensuite placé sur l’autel pour lui donner un caractère sacré. Le nouveau moine fait alors une prière. Ensuite il se prosterne devant chaque moine de la communauté. Il devient alors moine profès. Le maître des novices lui retire ses vêtements de novice et le revêt de la coule, l’habit caractéristique des moines. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Atteindre certaines fonctions |
|
|
|
|
Les moines sont parfois chargés de certaines tâches par leur abbé. Ils deviennent alors frères officiers. Ils sont prieur, chantre, hôtelier, sacristain,… L’abbé décide de la durée de ces tâches.
Chaque moine de l’abbaye peut aussi devenir abbé s’il est élu par ses pairs. Il arrive fréquemment qu’un abbé d’une abbaye-fille devienne abbé de son abbaye-mère. Parfois, les abbés quittent leur abbaye pour devenir évêque ou pape. |
|
|
|
|
|
abbayes-filles et
abbayes-mères
Des moines peuvent être envoyés fonder une nouvelle abbaye. Celle-ci est alors appelée abbaye-fille de l’abbaye dont sont partis les moines. L’abbaye d’origine est appelée abbaye-mère. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Les étapes de la vie d'un convers |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La conversion |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Tout comme le moine, le convers entre normalement au monastère suite à un appel de Dieu. Mais ce sont souvent des personnes qui cherchent juste un endroit où dormir et où manger tous les jours à leur faim. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le noviciat |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Les convers ne savent pas lire et ne peuvent pas apprendre. On ne leur enseigne donc pas la Règle comme aux futurs moines. Ils apprennent tout au plus le Notre Père en latin. Un moine, nommé maître des convers, leur explique également le mode de vie dans l’abbaye. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La profession |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
La profession du convers est l’un des rares moments où il peut se rendre dans la salle du chapitre.
La cérémonie de profession des convers est beaucoup plus simple que celle des moines. Elle est la même que celle qui lie un vassal à son suzerain dans le cadre de la féodalité. Le novice commence par demander miséricorde. Ensuite, il place ses mains dans celles de l’abbé et lui promet obéissance. L’abbé bénit alors le convers et lui donne le baiser de paix. Comme le convers ne sait pas lire, il n’y a pas de document écrit comme pour les moines. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|